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Petit Pinault deviendra gros !


LA VIE DES GRANDS FAUVES



Charlie du 26 avril 2006


La preuve que tout le monde peut réussir en partant de quelques dizaines de milliards d’euros, moi, François-Henri. J’avoue que j’ai un peu le trac. J’ai succédé à mon père, François, il y a maintenant un an, à la tête de Pinault-Printemps-Redoute, et mon charisme et mon charme n’ont pas encore dépassé les murs de la salle du conseil d’administration où tes obligés, ô père, me cirent les pompes. Freud, Sigmund, ami des névrosés, du chocolat et des cigares, aide-moi ! Moi qui connais la désaide de l’enfant, le sein retiré de la bouche, le manque, les chatouilles du Ça et les gros yeux du Surmoi (j’ai appris toutes ces belles choses dans Epok, le magazine gratuit de la Fnac, fort intéressant, plein de louanges envers mon humble personne et de conseils d’achat).
  Père, pourquoi m’as-tu aban­donné ? Tu as quitté maman et m’a laissé seul avec elle. Et maintenant, tu pars avec le bureaucrate Aillagon à Venise... Et me voilà à nouveau seul, en déréliction, angoissé, touchant du bout des ongles manucurés de ma main gauche le néant, effleurant vaguement de ma main droite dix-sept milliards d’euros de chiffre d’affaires et quelques enseignes comme Gucci, le Printemps, la Fnac et la Redoute. Père... Tu m’as engendré à Rennes, tu m’as fait entrer à HEC, où j’ai croisé le sourcilleux Emmanuel Chain, puis tu m’as poussé avec de grandes bourrades rustiques dans le groupe familial France Bois Industries. Tu as même créé un groupe de travail, Pinault Trustée, comprenant notamment Alain Minc, l’homme qui a plus de centimètres que de neurones, et Jean Peyrelevade, le Marseillais de la monnaie si sympathique, qui te filait du pognon du temps du Crédit lyon­nais (ah bon ? C’est pas lui ? C’est Haberer ? Excuse-moi, papa...) pour me surveiller ! Oui ! Pendant quinze ans ! Pendant les quinze années où je bos­sais dans la boite familiale ! Pour me fliquer ! Comme si je n’avais pas assez pris de coups de pied au cul dans mon enfance bretonnante ! Et je te le dis ! Ta fortune, je vais la balancer ! la refiler à Attac et à Nikonoff ! Je me ferai psycha­nalyser par Giscard  ! J’achèterai des ours pour les réintroduire partout ! Je m’abonnerai à Chaliie Hebdo ! Je voterai socialiste, je...

Pardon, papa, pardon ! C’est ma faute. Je suis coupable. Je sens la lumière de tes yeux bleus me percer jusqu’à la moelle. J’ai péché. J’ai souhaité un ins­tant te voir ruiné, toi, ta putain de fon­dation de merde d’art moderne pour les ploucos, et ton putain de bureaucrate mormoil ! Je hais l’art moderne ! Je déteste Aillagon ! Je te hais ! Non, je faime, je t’aime, aaahhh... papa. !


O.B.

Mots clés : François-Henri Pinault, Pinault, Printemps, La Redoute, Gucci, la Fnac, HEC, France Bois Industries


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