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Papy Zach, le glouton du CAC


LA VIE DES GRANDS FAUVES



Charlie du 7 juin 2006

Non, mais, vous avez vu comment ils m’ont débarqué ! Moi ? Papy Zach, le patron de Vinci, l’homme le plus riche en stock-options du CAC, celui qui fait pâlir d’envie Bébéar ?
  Je vous raconte. J’ai fait entrer, il y a quelques années, Xavier Huillard comme directeur général, avec l’idée de lui laisser ma place. Xavier, un X-Ponts, un de ces polytechniciens qui ont du bitume à la place du cerveau et qui, plus ils goudronnent, plus ils sont contents.
  Faut vous dire que Vinci est numéro un mondial du BTP. En 1997, on a fusionné la SGE, filiale de la regrettée Générale des eaux de mon ami Dejouany, avec les GTM (Grand Travaux de Marseille), fille de la Lyon­naise et mère des appels d’offres bidon. Donc je prends cette boite, plutôt défi­citaire, et je dis : « Faut faire de la concession. » Ça sert à rien de rester dans le ciment, allons vers le parking. Là, des types payent pour stationner, pas de main-d’œuvre immigrée à gérer, et basta. Quand j’ai vu que Villepin bra­dait les autoroutes, je me suis précipité sur ASF, car l’autoroute c’est tout ce que j’aime : des millions d’idiots qui passent à la caisse au péage. Désormais, grâce à moi, 76 % du chiffre d’affaires de Vinci (25 milliards  d’euros) est dans la  concession. On a choisi « Vinci » parce que ça faisait génial, vous voyez ? On avait hésité avec « Merde en béton  », mais finalement on a pris Vinci.
  Tout travail mérite salaire. Je suis payé 4,2 millions d’euros par an. Dérisoire. Heureusement il y a les stock-options, et j’en détiens pour 173 millions (d’euros) d’après L’Expansion ; d’autres, notamment ce salopard de Huillard, disent 250.
  J’ai soixante-sept ans, et au début de l’année j’ai quitté la direction de la boîte pour garder la présidence du conseil d’administration. Pour mon départ, on m’a donné 13 millions d’euros. Ensuite, on m’a donné 52 millions d’euros pour ma retraite. Ça vous fait vomir ? Moi pas. J’aî demandé une petite rallonge - seulement 8 millions d’euros - pour avoir réussi le coup du rachat des ASF. En liquide si possible. Et c’est là que Huillard s’est mis en rogne. « Non », ça suffit qu’il a dit... J’ai dit : « Dehors, Huillard !  » J’ai réuni les vieilles peaux du conseil d’administration à ma botte pour le virer et... ils se sont dégonflés. Huillard a dit qu’il irait au procès pour licenciement abusif. Les débris ont pétoché. Bref, je démissionne.
  Mais je pars la tête haute et les poches pleines. Même Daniel Bernard, de Carrefour, n’avait raclé que 9.5 mil­lions d’euros d’indems et 29,5 millions pour sa retraite. Mes stock-options représentent 5766 années d’un salaire moyen chez Vinci [1], et je ris de voir vos gueules. Je suis vieux, moche, j’ai asphalté et bétonné la France, et plus je vieillis, plus j’ai besoin de fric, de cash, de tout ce liquide que ma charogne liquéfiée emportera dans son cercueil en béton armé, amen.


O.B.

Mots clés : Zach, Vinci, BTP, ASF (autoroute)


[1] L’Expansion, juin 2006, p. 101.


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