Accueil Brèves Plan du site Contact


la base Oncle Bernard

 
Éric Bousquet, la pub du prolo


LA VIE DES GRANDS FAUVES



Charlie du 3 mai 2006

Ah, Charlie, les publiphobes ! Eh bien, chers amis, l’idée de devenir publicitaire m’est venue en lisant la titraille du Canard enchaîné. Comment, me dis-je, peut-on accrocher tant de lecteurs avec des titres aussi stupides ? Ayant décou­vert que Libé faisait encore plus dans l’«  umoure », avec des titres encore plus neuneus alignés par des bureaucrates du titre et de l’intertitre, j’ai décidé de me lancer.
  Que faire ? M’acheter une star et lui faire solder des slips, comme Noah, ou des pâtes, comme Depardieu ? Mais Barilla avait payé notre Gérard national plus de I million d’euros ! Et en plus, avec interdiction d’entendre sa voix ! Faut dire que Gérard a lancé le genre : avant lui, faire de la puli, c’était être un ringard, un clodo, un minable des planches ou des toiles. Jean Reno partait au Japon faire ses pubs pour Toyota. Mais, après Depardieu, les acteurs n’ont plus été honteux de faire de la pub. Entre 40 000 et 150 000 euros pour trente secondes, ma foi... uniquement pour la star ! Y com­pris pour l’autre pomme et son cholestérol. Et même pour ce pauvre minable d’Antoine, qui m’écorche les oreilles avec ses « opticiens  ». Il n’y a plus que Bacri-Jaoui et Cabrel qui refusent les pubs. J’imagine qu’ils lisent Charlie.
  Donc, mon idée de génie fut de faire des pubs hyper-courtes. Souvenez-vous, en 1982, le Suisse : « Salut. J’ai huit secondes pour vous dire qu’Ovomaltine c’est de la dynamite ! Boum ! » C’est moi ! Moi, Bous­quet, l’Aveyronnais ! Né à Rodez, nourri aux tripoux ! Excusez-moi : ancien élève de l’École nationale de la statis­tique, docteur en informatique, bon à finir cadre à Bercy. J’ai d’abord travaillé chez l’Americain TBWA, comme spécialiste des mesures d’audience. Là, j’ai rencontré Ardisson. Thierry et moi, nous fécondâmes. De nos épousailles naquirent L’Écho des savanes et Entrevue. Lui parti face à la caméra, je restai derrière et balançai des spots.

Mon agence est la première pour la télé : 40 millions d’euros de chiffre d’af­faires pour 40 000 spots vendus (devi­nette : quel est le prix moyen du spot ? Pas cher, pas vrai ?), 9 millions d’euros de profit net en 2004. Cinquante-six ans. Hier, j’ai vendu mon 2 000ème film. Je gagne encore plus de fric que Thierry.
  « Knorr, j’adore ! » « Vas-y, Wasa ! » « Si ju vas bien, c’est juvamine ! » C’est moi, tous ces trucs courts, pétants, marrants. « Quand c’est trop, c’est Tropico ! » « Lapeyre, y’en a pas deux. » C’est Thierry qui me l’a soufflée, celle-là. "Petit Lu, dans le bis­cuit !" Non, celle-ci, je l’ai refusée.
  Et « Quel thon fait-il aujour­d’hui » ? Avouez. Marrante, non ? Autre chose que vos titres, en tout cas ! Vous devriez venir faire un petit tour dans mon agence.   

O.B.

Mots Clés, Eric Bousquet, pub, publicité, L’Echos des savanes, Entrevue


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 

 
  La vie des fauvettes La vie des grands fauves
      2000
      2001
      2002
      2003
      2004
      2005
      2006
      2007


      Contact

[ Plan du site ] [ Haut ]
 

 
Dans la même rubrique

Autres articles :
Patrick Ollier, le gaullo-sarkozyste tendance MAM
Serge Tchuruk ou le complexe de Gargantua
Jean-Dominique Comolli, exportateur de cancer du poumon
Charles Milhaud, qui a eu la peau de l’Écureuil
Pélisson, le caméléon
Jean-François Théodore, bureaucrate de la Bourse mondiale.
Guy Dollé, le cocu aux cornes d’acier.
Jean-Martin Folz, démissionnaire de Peugeot
Jacques Marseille, économiquement incorrect
Henri Proglio, le Ganelon de l’eau



[ Haut ]
 

Accueil Brèves Plan du site Contact


Vous pouvez afficher les news sur votre site.
Copyright © la base Oncle Bernard 2002

Site développé avec SPIP, un programme Open Source écrit en PHP sous licence GNU/GPL.

Design © Drop Zone City