Accueil Brèves Plan du site Contact


la base Oncle Bernard

 
Charles Milhaud, qui a eu la peau de l’Écureuil


LA VIE DES GRANDS FAUVES



Charlie du 29 mars 2006

Ça y est. J’y suis. J’y arrive. Je suis presque au bout. Piquer le pognon des classes populaires pour l’injecter dans le maelström financier international, fallait le faire, non ? Tout ce fric que des minables économisent sou à sou pour le placer en toute confiance à l’Écureuil, la caisse des pauvres et des patients, je m’en vais te l’enflammer, moi, vous allez voir ça  ! Vous vouliez du garanti, du pépère, du petit bas de laine qui faisait du 3 % et pas d’histoires ? En avant la folie des grandeurs, pépé ! Aboule la lessiveuse, même !

   Je suis le patron des Caisses d’épargne Écureuil. Oui, l’Écureuil, six millions de sociétaires miteux, des mil­liards d’euros de cash qui roupillent... Je ne sors pas de la cuisse de l’Inspec­tion des Finances, ça non ! je joue pas au golf comme Bouton, je pince pas le cul des duchesses comme Pébereau. Mon père, un pied-noir oranais, a dirigé l’agence de Sète. J’ai pris sa suite. Et, de fil en aiguille, après avoir ciré des pompes à droite, léché des culs à gauche et filé du crédit des deux côtés, je me suis retrouvé patron. J’ai passé un très bon et long moment à Marseille, à observer les chicaneries de la politique, des affaires et des marchés publics. Mais oui : la Caisse des dépôts gère l’argent des Caisses d’épargne et prête pour les HLM, les lycées, les infrastructures, bref, elle finance la manne du politi­card. J’étais très copain avec Gastounet, encore plus avec Vigouroux, et encore encore plus avec Gaudin, qui m’a remis la Légion d’honneur.

   Un jour, ébloui, j’ai croisé Strauss-Kahn. «  Monseigneur, lui ai-je dit, comment baiser les épargnants et transformer une coopérative sans but de profit en société anonyme cotée en Bourse avec moi à la tête ? » « T’inquiète, je m’en occupe. » II s’en occupe. Et il transforme un établissement financier sans but lucratif en banque ! C’est le progrès, pauvres minables ! Péquenots  ! Marseillais !

   Et maintenant que je suis un banquier, je m’associe avec la Banque populaire et Dupont, son patron, pour devenir la deuxième banque de France — qui sera baptisée Natexis (ça a de la gueule, non ? Autre chose que « Caisse d’épargne », qui sent le bleu de chauffe et la chaussette mal lavée) — derrière le Crédit agricole et devant la BNP.

   J’annonce ça à la presse, et voilà que mon actionnaire de référence, la Caisse des dépôts et son énarque de patron, Mayer, se met en rogne... Veut faire jouer le droit de veto... Il voudrait peut-être aussi continuer à financer le logement social, non ? Quand je vois les profits des banques françaises, pourquoi pas nous ? Allez, la Caisse des dépôts, t’es cuite, c’est fini. On a réussi à le récupérer, le pactole des braves gens. A nous, la finance ! À nous, les profits ! Et à la vôtre, les cocus !

O.B.

Mots clés : Charles Milhaud, Caisse d’Epargne, Ecureuil, Banque


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 

 
  La vie des fauvettes La vie des grands fauves
      2000
      2001
      2002
      2003
      2004
      2005
      2006
      2007


      Contact

[ Plan du site ] [ Haut ]
 

 
Dans la même rubrique

Autres articles :
José Bové, le rural amoureux de Louise Michel
Pélisson, le caméléon
Henri Proglio, le Ganelon de l’eau
Jean-Martin Folz, démissionnaire de Peugeot
Éric Bousquet, la pub du prolo
Jacques Marseille, économiquement incorrect
Papy Zach, le glouton du CAC
Guy Dollé, le cocu aux cornes d’acier.
Serge Tchuruk ou le complexe de Gargantua
Jean-Dominique Comolli, exportateur de cancer du poumon



[ Haut ]
 

Accueil Brèves Plan du site Contact


Vous pouvez afficher les news sur votre site.
Copyright © la base Oncle Bernard 2002

Site développé avec SPIP, un programme Open Source écrit en PHP sous licence GNU/GPL.

Design © Drop Zone City