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Jean-Dominique Comolli, exportateur de cancer du poumon


LA VIE DES GRANDS FAUVES



Et de la vessie, de la langue, de la gorge et autres joyeusetés, je précise, car le tabac ne donne pas que le cancer du poumon, je suis le patron d’Alradis, résultat de la fusion entre Tabacalera et Seita, laquelle fut privatisée pour mon plus grand bonheur. Car je suis un grand commis de l’État, et il est normal que l’État rétribue ses commis. Et je le dis sans honte ; il est honteux d’être intolérant à l’égard des fumeurs. Laissez-les vivre, euh... je corrige, laissez-les fumer, bon Dieu !
 Donc le cancer, pardon, «  Altadis » (on a longuement hésité entre « Maladîs », «  Fume-c’est-du-belge » et « Altadis », et finalement on a choisi « Altadis ») me rapporte 1,23 milliard d’euros en béné­fice net pour un chiffre d’af­faires de 12,7 milliards d’euros.
 J’ajoute que l’action Alta­dis a augmenté de 132 % en cinq ans. Ce qui me permet d’acheter quelques cigares (je suis le plus gros exportateur de cigares, surtout chez les Amé­ricains, qui ont des sexes minuscules, car, comme dit le proverbe texan, « gros cigare, petite bite »).

  Malheureusement, l’intolérance, la menace, le pogrom, l’antitabagisme et le racisme antifumeurs, et je pèse mes polypes, sont là. La chasse au fumeur commence. «  En Irlande et en Italie, où l’interdiction de fumer s’est généralisée, l’impact s’est traduit par une baisse de 4 à 5% des ventes de tabac [1]. » Heureuse­ment, le lobby du tabac tient bon en France, et on n’a pas encore voté de stupide loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Mais je tire la sonnette d’alarme. Car, qui dit baisse des ventes dit plan social. J’ai viré mille cinq cents bons ouvriers l’année dernière. T’es content, Charb ? T’es content d’avoir licencié de mal­heureux prolétaires ?
   Heureusement, l’Afri­cain, l’Indien, le Chinois nous ouvrent la bouche. « II y a un fort potentiel dans les pays émer­gents [2]. » Tous ces gens qui ne connaissaient pas les délices de la fumée et de la puanteur, faut bien qu’ils s’y mettent. Les Africains, les Asiatiques, les Arabes, tout ça devrait bientôt fumer comme des pompiers, tandis que les gens du Nord commencent à refuser ce qui, je le dis très fort, n’est pas une drogue. Le tabac a conquis les hommes, puis les femmes, et maintenant les émergents. L’Afrique a importé le sida, pourquoi ri importerait-elle pas le tabac ? Si je pouvais faire fumer les bêtes, je le ferais. On a bien refilé des farines ani­males aux vaches, à quand la clope aux clébards, n’est-ce pas Luce Lapin ? Et puis l’art, l’opéra sont avec moi : la belle Carmen était cigarière... Et son Jules, toréador. Je sens que je vais plaire à Charlie.



O.B.

Mots Clés : Jean-Dominique Comolli, Artalis, Seita, privatisation, Tabac


[1] Interview à La Tribune, 26/06/06

[2] idem


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