Accueil Brèves Plan du site Contact


la base Oncle Bernard

 
Carlos Ghosn, cost killer hilare


LA VIE DES GRANDS FAUVES (SANS NUMÉRO)



Charlie du 11 mai 2005

Enfin ! Trois ans que je rongeais mon frein à Tokyo après avoir redressé Nissan, et que je lorgnais la succession de Loulou... Lou­lou Schweitzer, le curé. Moi, c’est les jésuites. Je suis né au Brésil il y a cin­quante et un ans, et à six ans mes parents libanais m’ont ramené à la maison, à Notre-Dame-de-Beyrouth. Le rai­sonnement jèse, on n’a jamais fait mieux. D’ailleurs, Pascal était un super jèse, plus jèse encore que les jèses, à preuve les Pro­vinciales.

J’ai passé ma jeunesse à me fendre la poire, toujours premier en maths. Puis j’ai fait taupe, hilare toujours. Ensuite Polytechnique, la banane, ah ! ah ! puis la botte (Ecole des mines). Et, à vingt-quatre ans, je rentre chez Michelin. Le vieux clown me dit : « Qu’est-ce que vous avez à rigoler tout le temps, Ghosn, vous êtes fêlé ? » Je me marre. « Non, chef, c’est votre tronche. » « Vous avez vu la vôtre, Ghosn ? » Un peu plus tard, on tape le carton. Une bonne partie de bridge, petit chelem contré vulnérable, je gagne, et tombe immédiatement amoureux de ma partenaire, Rita. Avec Rita, on com­mence à écumer les tournois de bridge. On part aux États-Unis, je redresse Michelin, je reviens à Clermont-Ferrand, et le vieux Michelin me dit : « Ghosn, tu as un nouveau chef, mon fils Edouard ! » « Non... Pitié...Pas cette tète de nœud... », me suis-je esclaffé. Il me montre aussitôt la porte.
J’arrive illico chez Renault, monte les étages, devient rapidement le numéro deux, et Loulou (Schweitzer, ndlr) me dit : « Au fait, Ghosn, vous êtes français ? » « Non. Brésilien. » « Faites-vous fran­çais, on sait jamais. Vous partez au Japon. Je viens d’acheter Nissan. »
Et me voila à Tokyo. L’affaire était simple : il suf­fisait de virer 21 000 salariés et de fer­mer 5 usines, ce que je m’empresse de faire, la bouche ouverte jusqu’aux oreilles. Pour faire passer la pilule, je vais sur le tas et claque le dos du Nippon. Il est content. Un lundi matin, Loulou m’ap­pelle : « Carlos, que penses-tu de l’usine de Vilvorde ? » « Ferme-la. » «  Mais la pein­ture n’a même pas fini de sécher ! » « Ferme-moi tout ça. Trop cher, le Belge ! »
  Hier j’ai fait un tour à Billancourt. M’ont l’air d’une bande de pétochards, tous ces cadres... Du coup, j’ai commencé à faire le ménage. La moitié des barons autour de Schweitzer  : remerciés. Je dois avouer que Loulou me laisse la maison en parfait état de marche, avec 4 milliards d’euros de cash dans le tiroir-caisse. Dans cinq ans, Renault sera le numéro trois mondial, c’est moi qui vous le dis ! À part ça, mes joies sont simples : faire ron­fler un moteur de grosse bagnole, tour­ner sur des circuits, émettre du CO2 et faire crisser les pneus en pensant que j’écrase du Michelin. Paraît que le nombre de bagnoles dans le monde va doubler dans les vingt ans qui viennent... C’est pas moi qui vais me plaindre.

O.B.

Mots clés : Carlos Ghosn, Nissan, Polytechnique, Ecole des mines, Michelin, Renault, Vilvorde


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 

 
  La vie des fauvettes La vie des grands fauves
      2000
      2001
      2002
      2003
      2004
      2005
      2006
      2007


      Contact

[ Plan du site ] [ Haut ]
 

 
Dans la même rubrique

Autres articles :
Ernest-Antoine Seillière passe a l’Europe
Henri de Castries,
Frits Bolkestein Dracula du libéralisme
Henri Giscard d’Estaing, jeune giscardien
Vincent Bolloré, flibustier végétarien.
Dominique de Villepin de la Mancha, moulin à paroles
Ricard, numéro deux mondial de la cirrhose
Le sans-papiers chinois
Frank Riboud, petit yaourt dans le grand fromage
Charles Beigbeder,



[ Haut ]
 

Accueil Brèves Plan du site Contact


Vous pouvez afficher les news sur votre site.
Copyright © la base Oncle Bernard 2002

Site développé avec SPIP, un programme Open Source écrit en PHP sous licence GNU/GPL.

Design © Drop Zone City