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Noël Goutard, le coupeur de têtes


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°77


Charlie du 25 juillet 2001


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Tremblez, les faibles. Quand je taille, c’est pas au laser, mais à la machette. C’est moi qui ai viré la moitié de Thomson, taillé chez Schlumberger, Pricel ou Chargeurs. "Le boucher de Montrouge", m’avaient surnommé les syndicats. Sans doute parce que, dans mon bureau, j’ai un portrait de Mao. J’aime les tyrans sanglants. En 1987, avec une simple licence de droit, je suis entré chez Valéo, jusqu’en 2000, et je suis de retour, à soixante-dix ans, pour sauver les meubles, après la catastrophique gestion de dix mois de ce mou du cul d’André Navarri, heureusement débarqué le mois dernier. En 1993, Le Nouvel Economiste, le journal le plus mal géré de France, m’a élu manager de l’année.

Valéo, c’est de l’équipement auto. Cent treize usines dans vingt pays, 563 millions d’euros de résultat en 1999, 368 en 2000 pour 9,12 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Valéo allait très bien tant que j’étais là. J’avais viré 6 000 types en 2000, réussi la même année le plus fabuleux plan de stock-options de l’industrie française, qui avait permis aux très hauts cadres de se faire dans les dix bâtons, et voilà qu’au premier trimestre 2001 Valéo perd 179 millions d’euros. Or, chez Valéo, 20% du capital et 28% des droits de vote appartiennent au généreux baron Ernest-Antoine Seillière, qui veut vendre. Ernest, entre Air-Liberté et Valéo, on va bientôt te filler la corne d’or de l’actionnaire cocu !

Pourquoi Valéo va mal ? Parce que Valéo a voulu se " rationaliser " en utilisant a fond Internet. Et on s’est plantés. On a surbordélisé ce qui était déjà le grand bordel. En plus le marché auto n’est pas très fort en ce moment...

Ouais, je sais : Navarri m’accuse d’avoir acheté en 1998 ITT Electrical Systems, spécialiste américain d’électronique, pour la bagatelle de 1,6 milliard d’euros. Or cette boîte est chroniquement inefficace. Valéo s’est ruinée dans cette opération... Pouvais-je prévoir qu’une entreprise au pays du libéralisme heureux était totalement inefficace ? Moi qui n’arrête pas de cracher sur l’administration et sur l’inefficacité de l’Etat ? Qui raconte que " la France est malade de son administration [1] " ? Qui braille à la " sélection naturelle [2] " ?

Alain Minc a dit de moi que j’étais " le meilleur industriel français ". Venant de ce zozo, je sais pas si je dois apprécier.

O.B.

MOTS CLES : Noël Goutard, Gestion, Le Nouvel Economiste, Manager, stock-options, licenciements, Thomson, Schlumberger, Valéo, Seillière, Goutard Noël, Alain Minc


[1] ITW à La Tribune, 5/01/1998

[2] Le Monde, 31/05/2001


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