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Denis Gautier-Sauvagnac, l’ami du pauvre et du salarié


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°148



Charlie du 22 janvier 2003

Les prolos, c’est comme les étrangers : on les aime tant qu’on ne les fréquente pas. En tant que patron et négociateur de la sinistre Union des industries métallurgiques et minières, UIMM (oh, après tout, lisez Germinal, de Zola, et vous comprendrez ce qu’est l’UIMM), j’ai eu affaire aux prolos, aux vrais, limaille de fer dans les yeux et charbon dans les poumons. Des durs qu’il faut aimer. Et qui aime bien traite à la dure, mais toujours en vouvoyant : la politesse est la crème du mépris.

Donc je suis Denis, soixante ans, énarque de la promotion Marcel-Proust et très heureux qu’Eurodisney ait remplacé sur le terrain Méséglise et Guermantes. Remarquez, comme tous les bourgeois, j’ai un petit faible pour la noblesse. Mon épouse est une Fauchon (oui, le caviar et le reste), mais une Fauchon de Villeplée. Pas mal, non ? Mère était une de Vaureix, pas plus noble que moi, mais, que voulez-vous, la particule fait toujours bander le marchand. Que dire de ma vie banale ? J’ai mis cinquante ans à devenir inspecteur des Finances, je fus attaché économique près des Communautés européennes, P-DG de la banque Kleinwort Benson France, mais mon heure de gloire fut dans la bouse de vache : directeur de l’Union laitière normande de 1981à 1985 et, de 1986 à 1988, directeur de cabinet de François Guillaume, ministre de l’Agriculture de la France ! Oui. Chirac, pour soutenir vraiment les empoisonneurs pollueurs de la FNSEA, n’avait rien trouvé de mieux que de nommer leur président ! Jamais les gros agriculteurs ne furent tant arrosés que du temps de Guillaume, le chef-bouseux. Et moi, Gantier-Sauvagnac, époux de Fauchon de Villepée fallait que je supporte la vie aux champs ! Brrr ! Le gueux, c’est encore pire que le prolo !

Heureusement qu’on m’a confié l’UIMM ! Ouf ! Là, j’ai gagné mes galons de négociateur. Négocier, c’est pas compliqué : suffit de dire, non, tu n’auras rien, les salariés sont des privilégiés, t’as un emploi, estime-toi heureux, manquerait plus que t’aies un salaire en plus, car les vrais pauvres sont les chômeurs, ta gueule ou je délocalise, le Chinois est plus compétitif que toi, sale parasite, dégage, mais tous ça avec une politesse exquise, du voussoiement et des imparfaits du subjonctif.

Ainsi, je viens de négocier exquisement pour le Medef une baisse de la durée d’indemnisation des chômeurs, car les chômeurs indemnisés sont des salauds de privilégiés par rapport aux chômeurs non indemnisés. J’ai dit : « Des mesures courageuses ont été prises, partageant l’effort entre les cotisants, les employeurs et les salariés. » Merci, les salariés, de partager avec nous. Surtout que sur les 9 milliards d’euros, vous en prenez 7. Normal, les pauvres, vous êtes plus nombreux ! Allez, un jour, vous boufferez du Fauchon !

O.B.

Mots clés : Denis Gautier-Sauvagnac, Fauchon, UIMM : Union des industries métallurgiques et minières, FNSEA, chômage


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