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Carlos Ghosn, le « cost-killer »


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°147



Charlie du 15 janvier 2003

Ah l’auto va mal ! Les consommateurs saturent. Et puis, ces marées noires, cette pollution, c’est pas bon pour le commerce de la ferraille sur pneus. En plus, on ne veut plus laisser les gens se flinguer dans leurs boîtes de conserve ! On veut limiter la vitesse ! Et les emplois ? Et la liberté des tarés de s’embouteiller et de s’encastrer les uns dans les autres ?

Bon. Je suis Carlos, quarante-huit ans, d’origine libano-brésilienne, polytechnicien, ingénieur des Mines, surnommé « cost-killer ». J’ai d’abord été cost-killer chez Michelin, puis chez Renault, et maintenant chez Nissan, où, au bout d’un an, j’ai rétabli les profits après six années consécutives de pertes.

Les journalistes disent que je suis « charismatique ». Oui, je suis charismachin. Je suis arrivé chez Nissan comme un missionnaire, amen. J’ai vu, j’ai compté, j’ai dégraissé. C’est ça, la « méthode Ghosrn » : regarder les gens droit dans les yeux et les virer rapidement. Je ne perds jamais de temps.

J’ai une force de conviction étonnante. « Un mélange séduisant de force de conviction et d’autorité naturelle », disent les plumitifs. Que les journalistes sont cons ! Un repas à la cantine de la boîte, une réduc sur leur bagnole, et ils vous lèchent le cul !

Le Figaro [1] a détaillé ma journée. 6 heures : lever. Moment d’intimité familial où je papote avec mes trois filles et mon fils. 6H30 : caca. 7H40 : arrivée au bureau, en plein coeur de Ginza, le quartier des affaires de Tokyo. 8 heures : coups de fil aux États-Unis (ouais ! Aux États-Unis !). 8 h 30 : interview avec un cire-pompes. 9-11 heures : réunions internes z’et intenses. C’est là où je vois tous les cadres (j’en ai 700, tous plus obséquieux les uns que les autres) suer de trouille sous leur chemise. Pauvres merdes ! 12 heures : déjeuner avec le comité directeur. 13-15 heures : nouvelles réunions, nouvelles peurs des sous-fifres. 16 heures : rendez-vous avec les syndicats. 18 heures : rendez-vous divers. 21 heures : départ du bureau. 21 h 30 : dîner avec mon épouse. 22 h 30 : sourire embarrassé d’icelle. 22 h 40 : au pieu.

Je dirige 140 000 salariés, dépasse les 3 milliards d’euros de bénef net, après avoir pris en charge une entreprise qui faisait 6 milliards d’euros de pertes ! Quel mec ! Je vends du 4 x 4 aux Parisiens pour qu’ils s’asphyxient entre la Concorde et Châtelet en se croyant au Kenya.

Excusez-moi, j’ai mon jet à prendre. Je suis pressé. Non, je suis pas assez tarte pour rouler en bagnole. Pour la rémunération de l’interview, voyez ma secrétaire.

O.B.

Mots clés : Polytechnique, X-Mines, automobiles, Michelin, Renault, Nissan, licenciements


[1] 2 juillet 2001


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