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Henri Lachmann, le benêt du gaullo-capitalisme


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°67



Charlie du 16 mai 2001

Ah ! Salut, les gars, c’est moi, L.achmann, le patron de Schneider, l’homme qui prend des risques, surtout celui d’être ridicule. Papa était préfet, maman préfète. Ils conçurent un expert-comptable.

J’ai soixante-deux ans et je dirige Schneider Electric depuis deux ans, où j’ai succédé à Didier Pineau-Valencienne, l’hypercuré - l’homme qui ferait passer Michelin pour un trotskiste recherché et tricard en Belgique pour de vagues affaires. Je suis beaucoup moins réac que DPV La preuve : j’étais un copain de Martine Aubry jusqu’à sa funeste loi sur les 35 heures. Non, je suis plutôt un gaulliste libéral, pour l’association du capital et du travail.

Je milite pour les fonds de pension et l’actionnariat salariée [1] au nom du patriotisme du capital. « Si nous ne voulons pas devenir une colonie, nous avons intérêt à enraciner les entreprises en France. » Gaulliste, non ? J’ai dit ça ? J’ai un peu honte, tellement c’est gros... J’ai dit aussi que « la fiscalité sur le capital en France était exorbitante », ce qui est faux elle est beaucoup plus faible en France qu’aux États-Unis. Mais faut bien frapper les esprits, pas vrai ?

J’ai toujours craché sur l’État, l’administration, le service public. Un vrai gaulliste libéral. « Le problème de la France, c’est l’accumulation de rigidités [2]. » Beau comme du Balladur, non ? Faut de la flexibilité, de la compétitivité, et 10 % du capital de Schneider pour nos salariés ! 10 % pour 99 % des employés, génial, non ? 90 % pour moi et mes potes, ça, c’est de l’association capital-travail !

Il y a quelques jours, j’ai annoncé que Schneider Electric allait faire une OPA sur Legrand, numéro 1 mondial de la distribution électrique basse tension, j’ai plastronné dans les salons, raconté que Schneider-Legrand allait être immédiatement coté à New York et roulé des mécaniques en bon ancien joueur de rugby que je suis. Et patatras ! Sur plainte de l’Association de défense des actionnaires minoritaires, la cour d’appel de Paris annule mon OPE déjà approuvée par le Conseil des marchés financiers ! Salauds de petits actionnaires ! Moi qui espérais les baiser comme ils ont toujours été baisés ! Pour leur bien. Enfin, je serai pas viré de Schneider pour ce lamentable plantage. Les rigidités ont du bon, finalement.

O. B.

Mots clés : Henri Lachmann, libéral, fonds de pension, actionnaire, Schneider


[1] Le Figaro, 10/11/1999 ; Les Échos, 21/12/1999.

[2] La Tribune, 12/02/2001.


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