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Anne-Marie Idrac, traminot bobo à la RATP


LA VIE DES FAUVETTES N°163



Charlie du 14 mai 2003

C’est moi, Nanou, fille de Colin, homme politique, figure historique du MRP. Ah, j’en ai vu, du curé à table, de Bidault à Barrot, en passant par Lecanuet ! Cinquante-deux ans, ancienne élève de l’ENA, promotion François Rabelais, conseillère auprès de Cavaillé, puis de D’Ornano, et enfin jupette : secrétaire d’État aux Transports de 1995 à 1997. La seule jupette pas virée par mon seigneur et maître Alain ! J’ai assisté aux grandes grèves de 1995, le chant du cygne de la fonction publique. La CGT-métro et la CGT-bus, c’est quelque chose ! En 1997, j’ai été élue députée UDF. C’est vrai, j’aurais pu adhérer au PR, mais l’UDF est plus conforme à ma culture, chrétienne, progressiste, républicaine et régionaliste. Je crois en Dieu et j’ai quatre filles. J’aime les pauvres. Je suis même copine avec Fiterman le coco, c’est dire si je suis charitable !

J’aurais bien aimé avoir le ministère qu’occupe Gilles de Robien, mais bon : j’ai eu la RATP. Pas mal, non ? 43 600 salariés, dont 14 830 conducteurs, 2,8 milliards d’euros de recettes. Les mauvaises langues disent que je dois mon poste à la politique, et non à mes compétences ! Vous en connaissez combien, de postes dus vraiment aux compétences ? Il était « compétent », Jean-Marie Messier ? Et Bon ? Compétent ? Et ce pauvre Francis Mer, qui ne sait pas comment faire pour détruire l’économie française, il est compétent ?

À la RATP, j’ai arpenté le terrain. ]’ai fait les dépôts. J’ai bu des canons à la santé du service public avec Delanoë, qui tient Paris, et Huchon, qui tient l’Île-de-France. Je crois au service public. Je crois aussi à la concurrence, facteur d’efficacité. Donc je crois au service public en concurence. Mais comme la concurrence, c’est le marché, je crois au service public privé. C’est un peu compliqué, mais vous vous y ferez. Or, pour accroître la compétitivité de la RATP, il faut maîtriser les coûts.

Et les coûts, c’est d’abord les salaires. Donc il faut maîtriser les salaires. Pour ça, il faut automatiser. En 2010, la ligne 1 sera automatique. Moins de risques. Moins de grèves. Je vais généraliser le système Navigo de billetterie automatique, car tous ces gens derrière des guichets s’ennuient. La fin du poinçonneur des Lilas fut un grand moment. Après la fin des conducteurs, ce sera la fin des marchands de billets. Ensuite, pour trouver des sous, je vais régionaliser la RATP.

Résumons : s’étant désengagée de l’État, ayant maîtrisé les salaires, liquidé les grèves, enfin compétitive, la RATP attaquera les marchés internationaux. Quoi ? Le problème, c’est qu’il n’y a ! de marchés internationaux ? Ah, bon. Au moins, j’aurai fait avancer les choses. Vers quoi ? Ah, ça suffit, ces questions !

O.B.

Mots clés : Anne-Marie Idrac, ENA, RATP, privatisation


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