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Claudie Haigneré ou la recherche au pain sec


LA VIE DES FAUVETTES N°164



Charlie du 21 mai 2003

C’est moi, Claudie, médecin rhumatologue, spécialiste en médecine aéronautique, docteur ès sciences option neurosciences, ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles-Technologies. J’ai bossé à Cochin, à l’Assistance publique. En août 1996, j’ai fait un vol de seize jours à bord de la station orbitale russe Mir, dans le cadre de la mission franco-russe Cassiopée. Là, avec mes petits camarades pleins de poils et de vodka, j’ai fait beaucoup d’expériences nouvelles. En 1998, j’ai rejoint la cité des Étoiles comme astronaute suppléante pour la mission franco-russe Perseus, toujours à bord de Mir. De là, je bondis comme cosmonaute- sauveteuse sur Soyouz et je chute en beauté sur le corps des astronautes allemands à Cologne. Enfin, je deviens ingénieur de bord numéro 1 sur la station spatiale rnationale.

Un jour, à Cochin, je croise le docteur Polonus.
-  Salut, Polo ! - Salut, ma poule. - Polo, Raffarin m’a pressentie comme ministre de la Recherche. -T’es folle, ou quoi ? La recherche ! Ministre des nuls ! - Mais enfin, Polo... Le virus du sida, c’est nous, les Français, qui l’avons découvert... Et le méchant américain Gallo nous l’a piqué... - Grande tarte ! Ce pauvre Montagné a découvert quelque chose qu’il ne comprenait pas avec la petite loupe que lui avait prêtée Gallo ! Imagine le péquenot qui ramasse un gros caillou dans la rue, un diamant, et qui l’amène chez le joaillier en disant : « J’ai un truc, là, un bout de verre, qu’est-ce que vous en pensez, je le fous à la poubelle, non » ? Qu’est-ce qu’il fait, le Gallo, qui voit tout de suite de quoi il s’agit ? Allez, reviens en rhumato, tu feras mieux !

Ce jour-là, j’ai tout compris. Il faut dégraisser le chercheur. Le chercheur est inefficace. Il ne trouve pas. Il faut le stimuler. C’est comme l’âne du paysan : petit à petit, le paysan réduisait son avoine pour l’habituer à moins manger. Un jour, il est mort. Mais il est mort ef-fi-ca-ce. C’est ça, l’important. Mieux vaut un mort productif qu’un vivant parasite. Or le chercheur est un parasite. Un inutile. Regardez tous ces « fonctionnaires de la recherche » planqués au CNRS, qui ont leur avancément à l’ancienneté ! Plus ils sont vieux, plus ils sont gradés ! Or chacun sait bien que les « découvreurs » sont des jeunes !

Pour aider la recherche, ma première décision a été de réduire les crédits de 30 %. Ensuite, ma deuxième décision a été de faire un audit pour mesurer les conséquences de ma baisse de crédits sur la recherche. Ça tombait bien, car à ce moment là on menait une grande campagne contre le cancer. Enfin, j’ai décidé de favoriser le mécénat et le financement privé de la recherche. Car enfin : ou les chercheurs sont désintéressés, et alors ils restent dans le public et ils n’ont pas besoin de fric ; ou ils sont cupides, et le privé les finance. CQFD, comme on dit.

O.B.

Mots clés : Claudie Haigneré, recherche, ministre, fonction publique


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