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Gérard de La Martinière assureur aux aguets


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°165



Charlie du 28 mai 2003

C’est moi, Gégé, qui ai succédé à Kessler à la tête de la puissante FFSA, Fédération française des sociétés d’assurances. Oui... Kessler... Douze ans qu’il est resté à enfoncer le clou antisocial ! Kessler, l’idéologue de la riscophilie et de la responsabilité, qui est en train de se ridiculiser en ce moment comme patron de la SCOR... Oui, les agences de notation sont en tain de dégrader sa boîte. Bon. J’ai soixante ans. Je suis calme, posé, consensuel, poli, modestement chaleureux, propre sur moi, opiniâtre et courtois, et gros travailleur, comme tout patron, car tout patron est un gros travailleur. J’ai été élevé par les jésuites à Dole, dans le jura, en tout bien tout honneur, je le jure. Et puis, c’est Sainte-Geneviève, amen, Polytechnique et 1 ENA, promotion jean-Jaurès. Car nous, les énarques, nous aimons bien les promos de " gauche " : Guernica, Léon-Blum, Louise-Michel, Saint-Just, Nelson-Mandela, vous voyez ? La promo Jean-Jaurès n’a pas donné un seul ministre à la République ! En revanche, elle eut comme major Frannçoise Chandernagor. Ah, ma petite Françoise, son doux regard de génisse (oui, c’est un compliment, abrutis, j’ai lu Homère, moi !), quel écrivain !

Sorti de l’ENA, me voilà sous-directeur de la comptabilité publique. Et là, je rencontre Bérégovoy. « Béré, mon brave », lui dis-je. « Oui, Monseigneur ? », répond-il en ôtant son béret (je rigole). « Béré, mon brave, vous avez été ouvrier, vous connaissez les besoins des ouvriers en matière d’emploi. Les ouvriers veulent des emplois, riest-ce-pas ? » « Oui, Monseigneur. » « Donc, Béré, mon brave, il faut créer le Matif, le Marché à terme international de France. » « C’est quoi ? » « Un marché spéculatif sur les taux d’intérêt. Vous inquiétez pas, ça crée des emplois. » Aussitôt, Béré crée le Matif et me nomme secrétaire général de la COB. Peu de temps après, il lance le Monep (Marché des options négociables de Paris), qui est un marché de spéculation sur les actions. Soudain surgit Balladur. Balladur me nomme président de la Chambre de compensation des instruments financiers de Paris. En 1989, j’intègre AXA grâce au banquier Dautresme. Je cire légèrement les pompes de Bébéar, car je n’ai point de goùt pour la chasse ni pour le rugby. Le jeune de Castries est promu, je rien prends point ombrage, car il a plus de quartiers de noblesse que moi, et, modestement, je mefface pour devenir patron de la FFSA.

Et c’est là que commence mon boulot au côté de Mattei, ministre du trou de la Sécu et de la privatisation de la santé. Kessler aurait été lamentable. Il s’agit maintenant de privatiser suavement la Sécu, doucement, tout doucement. Créer d’abord une Sécu de base et une Sécu complémentaire, faire passer tout cet argent accumulé pour soigner les pauvres, dans les caisses privées. Doucement. Homéopathiquement. Goutte à goutte. La perfusion du privé dans le public. Relaxez-vous, vous ne sentirez rien.

0.B.

Mots clés : Gérard de La Martinière, ENA, haut fonctionnaire, Bérégovoy, Matif (le Marché à terme international de France, marché spéculatif sur les taux d’intérêt ), taux d’intérêt, COB, Monep (Marché des options négociables de Paris, qui est un marché de spéculation sur les action), Axa, Sécurité sociale, privatisation


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