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Patrick Le Lay, ou la télé de m...


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°170



Charlie du 16 juillet 2003

Avec un peu d’émotion, je me souviens du jour où on a viré Polac ! Wiaz avait fait un dessin superbe, enfin, dégueulasse : « Des maisons de maçon, un travail de maçon, une télé de m... » ou quelque chose du genre. Allusion au père Bouygues, qui reprenait la Une, vendue par la la droite. Remarquez, c’était Bouygues et Mougeotte ou Lagardère et Ockrent. Vous préfériez ?

Donc, pour faire une télé de m... - 2,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 32,7 % de l’audience moyenne de la télé en France, 54 % des recettes publicitaires en 2002, 3 000 personnes les deux pieds et les deux mains dans la m..., LCI (100%), Eurosport (100%), Odyssée, TF6, Série Club (50 %), TPS (66 %) - pour faire une télé de m..., disais-je, il faut un tempérament en béton. Une détermination sans faille. Avec ma détermination sans faille, je fais du 19 % de rentabilité nette sur capitaux propres. D’après Mougeotte, Claude Cohen et tout le staff de connards qui font dans leur bénard en me voyant, et d’après le journaliste commis d’office à me lécher le cul dans Enjeux Les Échos, j’ai « une détermination sans faille et une capacité de travail extraordinaire, ainsi qu’un niveau d’exigence élevé, mais mâtiné d’une agressivité commerciale qui se double d’un tempérament fougeux. [ Je] mouille ma chemise, suis un passionné, quoique coléreux, mais [mes] colères sont salubres [1]. ». Je méprise les journalistes. La base de la télé, c’est mépriser le métier de journaliste. Comment voulez-vous que je le respecte en lisant de pareilles hagiographies ?

Par exemple, en mai 2001, j’ai commis un article en première page du Monde, le quotidien du sous-journaliste Colombanul, intitulé : "peut-on tout montrer à la télé ? " Je fustigeais le « Loft », ainsi que M6, coupable de tomber dans la télé-poubelle. Deux ans plus tard, je diffuse un clone du « Loft » . Volte-face sordide ? Mercantilisme minable ? Non : « Le Lay s’adapte ! », ont clamé les journalistes. C’est ça, je madapte. Je n’ai jamais rien inventé. J’ai toujours récupéré. Appels surtaxés, jeux, CD, je fais du fric sur les dérivés. Quand je claque des doigts, un ministre un parlementaire ou un membre du CSA vient bouffer à ma table. Résultat ?

95 % des meilleures audiences en 2002, C’est moi ? Non, c’est vous, pas vrai ? C’est vous qui laissez faire. Qui laissez exister un Arthur, par exemple, trop nul pour être journaliste, trop bête pour être créateur, trop moche pour être acteur, inculte, ignorant, capable de quelques « ah, ah, ah, quon se marre, pouet-pouet ! » en prime time. Pourquoi vous avez laissé faire ? Pourquoi vous avez laissé grandir ce genre de chose ? Par lassitude, par fatigue après le boulot ? Sans doute. Hé ! Je vous sens un peu fatigués... Oh, après tout, je suis un marchand de sommeil comme un autre !

O.B.

Mots clés : Patrick Le Lay, TF1, Bouygues, télé


[1] Enjeux Les Échos, juin 2003


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