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Robert Kagan, théoricien du bien et de la puissance


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°157



Charlie du 2 avril 2003

Dites Bob. Jospin, mon grand ami, ne m’appelle que Bobby. Je précise que je ne suis pas trotskard, mais Lénine, j’ai lu. Je suis le gourou des faucons, le pape des ultraconservateurs - dites « néoconservateurs », ça fait moins conservateur.

Donc, je suis diplômé de Yale et de Harvard, et je professe la stratégie, (histoire et les relations dilomatiques internationales au Carnegie Endowment for International Peace, la fondation Carnegie pour la paix internationale. A côté de moi, Adler est un nain. Avec Bill Kristol, fultraréac fils de trotskard (décidémentLire [1]), j’ai fondé The Project for a New American Century. J’écris dans son torchon, pardon, son journal, le Weekly Standard, et tous les mois je ponds mon petit édito dans le Washington Post. Tremblez, lavettes ! Le siècle sera américain, c’est-à-dire religieux !

Et voici ma pensée : les Européens vivent en paix. Ils sont dans un monde post-historique (oui, oui, on on aime bien la fin de l’Histoire, nous, les Américains), dans ce que Kant pressentait comme la paix éterneIle. Ils s’occupent de commerce et de bien-être. Ils bouffent. Ils conduisent leurs bagnoles et vont visiter Vulcania. Ils bavardent.

De leur côté, les Américains sont prisonniers del’Histoire. Ils appartiennent au monde de Hobbes, ou Homo homini lupus, comme dirait le père Adler, amen. Dans le monde des Américains, le droit, les règles et tout ce qui permet d’écouter du Bach en bouffant du calendos arrosé de châteaumargaux n’existent pas. Notre problème est de matraquer des gens un peu turbulents, les sauvageons des banlieues du globe. Ce qui compte, ce n’est plus le droit, mais la puissance. Autrefois, c’était l’inverse. Les Américains, enfants des Lumières, étaient pour la paix, la bouillie d’avoine et le droit. Pendant ce temps, les Européens se foutaient sur la gueule. Et voilà : les Européens se sont tellement foutus sur la gueule qu’ils en ont eu marre. Ils croient en la diplomatie. Ils sont faibles. Les Américains, en les sauvant d’abord du nazisme puis du communisme, leur ont permis de devenir riches, prospères, de se gaver.

« La diplomatie, c’est bon pour les pays Civilisés [2]. » L’Europe n’a pas été capable de régler la crise du Kosovo. Elle s’est assise sur l’ONU pour nous laisser bombarder Belgrade. Elle est vieille, faible et usée, comme dit Lionel. Entre nous, Occidentaux, on peut prendre le thé en levant le petit doigt. Avec le reste du monde, on lève le poing. La puissance, camarades. « Oignez vilain, il vous poindra, poignez vilain, il vous oindra. »

O.B.

mots-clés : Robert Kagan, Yale, Harvard, Washington Post, Américains


[1] Charlie n° 571. 2

[2] L’Express, 6/03/03


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