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Richard Grasso, roi déchu de New-York


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°178



Charlie du 08 octobre 2003

Je suis Richard Grasso, surnommé Maudit Dick. J’ai régné pendant huit ans sur Wall Street. Je cède ma place aujourd’hui. Tous les matins, je sonnais la cloche en compagnie d’une star... Ah, la reprise de Wall Street après le 11 septembre ! Que d’émotion j’éprouve encore en songeant à toute la purée de traders, brookers et agents de change sous les ruines du WTC...

Pas trop mal payé : 12 millions de dollars en 2002. Le NYSE (New York Stock Exchange) avait prévu de me virer 140 millions de dollars pour mon départ à la retraite, mais bon, la SEC (Security Exchange Commission) a mis le holà. Depuis Enron, on ne peut plus se sucrer en paix. Faut dire que le patron de la SEC, c’est Bill, William Donaldson, cette vieille canaille à qui j’ai succédé à la tête du Stock Exchange. À cause de lui j’ai dû démissionner.

Et pourtant ! Le nombre d’entreprises cotées est passé sous mon autorité de 1 300 à 2 800 ! L’explosion boursière, c’est moi ! J’ai pas volé, j’ai pas dissimulé. Je suis pas incompétent comme ce Messier ou comme ce Bamevik, patron d’ABB, qui a laissé sa firme en plein désastre en foutant le camp avec 60 millions d’euros d’indem ! Moi, j’ai réussi à défendre le NYSE contre le Nasdaq et sa foutue bulle puante ! Bon, j’ai fait une connerie : j’ai coopté Sandy Weill, le patron de Citygroup, la big bank, au board du NYSE. Or Citygroup était complètement plombée dans Enron, WorldCom et le reste. C’est elle qui a payé la plus grosse part de l’amende destinée à blanchir les banques d’affaires américaines. Mais moi, je viens du Queens ! Papa prolo. Je me suis engagé. Puis, j’ai été recruté comme coursier à la Bourse, 68 dollars par semaine. Et j’ai fini P-DG. Le rêve américain. Le rêve américain honnête ! Car la Bourse de New York, c’est pas une société anonyme comme chez vous, c’est une coopérative. Vive la sociale ! J’ajoute que Sandy Weill aussi, c’est un enfant de la balle. Un petit gamin juif de Brooklyn qui a fait la plus monstrueuse banque d’affaires tout seul. Pas sorti de la cuisse du wasp, exactement comme moi.

Le lendemain du 11 septembre j’ai touché une prime de 5 millions de dollars pour avoir bien géré la crise. C’est vrai, ça avait de la gueule, tous ces lires qui chantaient l’hymne américain en direct de Wall Street pendant qu’ils suspendaient à tout hasard les rémunérations des mecs supposés morts et qu’ils préparaient les plans de licenciement à la suite de la crise de l’aviation. C’est vrai, on recyclait un peu l’argent de l’Arabie Saoudite. C’est vrai, il n’y a pas eu d’enquête sur les valeurs qui se sont mystérieusement envolées peu avant le 11 septembre. Mais on était là, tous, sous-fifres et patrons, une main sur le cœur, l’autre dans la poche. Allez, devenez coursier pour la Bourse, et vous finirez P-DG.

O.B.

Mots-Clés : Richard Grasso, bourse, New-York, USA


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