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Messier réclame ses 20 millions d’indems


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°179



Messier réclame ses 20 millions d’indems

Charlie du 15 octobre 2003

J’avais peur qu’on m’oublie... Oui, c’est moi, J6M, maître du monde... Comment ? Vous me riez au nez ? Enfin, Messier, l’ex-grand-grand-patron... Déjà oublié ? Messier, merde ! Polytechnicien, énarque, inspecteur des Finances, ex-dir cab de Cabana, ministre délégué aux Privatisations en 1986, mais oui, le Cabana qui essaie de couvrir Juppé en ce moment... Cabana... Et Balladur, ça vous dit rien non plus ? C’est moi qui ai fait les noyaux durs lors des privatisations de 1986, c’est-à-dire qui ai refilé les actions des entreprises renflouées par l’État aux copains du ministre... Vous avez oublié ? Je vais m’énerver ! C’est moi qui ai succédé à Dejouany à la Générale des eaux et qui ai réussi le tour de force de transformer une boîte juteuse en entreprise hyper-endettée... Ah ! Ça va mieux. Vous y êtes.

Quand j’ai pris la Générale des eaux, j’ai remarqué que toutes les filiales faisaient des avances pour travaux qu’elles n’utilisaient pas à 50 %. Autrement dit, les fournisseurs d’eau sous mon contrôle facturaient aux consommateurs de quoi changer les tuyaux, mais ne les changeaient pas. En échange, ce fric était placé. J’ai tout récupéré. Il y en avait pour plus de 4 milliards d’euros. J’ai transféré ça dans un paradis fiscal en Irlande et, muni de ce cash, j’ai emprunté auprès des banques pour m’offrir quelques danseuses en Amérique, US Filter, plus tard Universal... Puis j’ai filialisé la partie eau, qui est devenue Vivendi Environnement, je lui ai laissé 17 milliards d’euros de dettes. Après quoi, j’ai continué à emprunter pour mes frasques outre-Atlantique. Voilà. Vous y êtes.

Donc j’ai bien mérité des indems. 20,6 millions d’euros d’indemnités. Pas grand-chose ! Quand on voit que le budget du ministère de l’Environnement est de 800 millions d’euros, on peut bien m’en donner 20, non ?

La COB me fait un mauvais procès. Elle dit que j’ai roulé les actionnaires, présenté des comptes inexacts - notamment, en intégrant Cegetel dans mes comptes -, que j’ai sous-estimé l’endettement, faussé le bilan avec la consolidation erronée de Marco Telecom ou Elektrime, raconté que tout allait mieux que bien... Bon, moi aussi je me suis refilé des options dans les derniers jours de 2001, tandis que mon groupe, en pleine crise de trésorerie, négociait la vente de 5,5 % de son autocontrôle auprès des banques.

Et alors ? Et le Fourtou, le Fourtou... il me vire et il commence par s’engraisser d’un énorme paquet de stock-options... Et, fin octobre 2002, il avait signé avec moi, renonçant à toute procédure d’appel concernant mon fric ! Tout ça parce qu’il a la trouille de Bébéar, l’homme au slip en peau de panthère... Péteux ! Nullard ! Quoi ? Moi aussi, je suis nul, minable, une baudruche crevée ? M’en fous ! Je ! Mon fric !

O. B.

Mots-Clés : Messier, Polytechnique, Balladur, Vivendi, COB


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