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Lindsay Owen-Jones, la fortune en crème antirides


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°182



Charlie du 05 novembre 2003

Bonjour, tes gueux, je suis Lindsay Owen-Jones (prononcer Hhhhhââouen, avec l’accent d’Oxford, où j’ai fait mes études) et, tout petit, je suis entré chez L’Oréal, chez Madame Bettencourt, la plus grande fortune de France. J’ajoute que je suis Commander of the British Empire. Permettez-moi de citer, au mot près, mon interview dans Le Figaro du 20/10 : « En entrant chez L’Oréal, j’ai tout de suite compris que j’avais trouvé l’entreprise et le métier de ma vie. Que j’avais rencontré mon destin. Dans ce formidable métier de la cosmétique, on a beau chercher à comprendre la consommatrice, on n’y parvient pas tout à fait, il y a toujours une part de secret dans la femme. La cosmétique est un métier d’intuition et d’action rapide. D’excitation aussi. J’ai eu la chance de rencontrer Olivier Giscard d’Estaing, venu faire un discours à Oxford. Cette bonne fortune atteste d’une bonne prédisposition. Grâce à mes trois sœurs, j’ai été habitué dès ma jeunesse à entendre raconter les secrets de filles. Ma mère est très bohème. Comme L’Oréal, je suis poète et paysan à la fois. Pour préserver et développer l’engagement des salariés, j’ai essayé de donner une dimension d’aventure, d’épopée à L’Oréal. Selon moi, la finalité c’est l’aventure ! Le profit n’est que la conséquence. Quand j’ai commencé, on vendait aux femmes de vingt à cinquante ans. Aujourd’hui, on vend de quinze à soixante-quinze ans. Demain, on vendra de treize à quatre-vingt-treize ans ! Notre passion est la même pour tous les genre de beautés, la beauté caucasienne, asiatique ou métisse.

Mon épouse est italienne et, comme les italiens, je fais des grands gestes, je parle avec les mains et je crie de temps en temps."

Il m’arrive même de faire pipi. Que dire encore ? Ah, oui ! Je suis le P-DG le mieux payé du CAC 40. En salaire pur (hors stock-options), j’émarge à Bouygues. Remarquez, moi, je suis dans la bonté, lui, dans le béton. Non, c’était juste pour faire un jeu de mots.

Alors, on dit du mal de la famille Schueller (le fondateur de l’Oréal), on raconte que Mitterrand a travaillé pour nous, qu’on a financé la Cagoule et je ne sais trop quelles bêtises encore. Je réponds : sachons passer la crème et la pommade sur l’Histoire et sur les vieilles peaux ! On me dit que les patrons français sont trop payés, plus que les anglais ! Je réponds : que celui qui n’a jamais récupéré sa monnaie au comptoir jette la première pièce jaune ! Vous croyez que je me fous de vous ? Pas du tout. Je fais 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 1,5 milliard d’euros de profit net, et je conseille à Ariette Laguiller de changer de crème antirides.

O.B.

Mots-Clés : Lindsay Owen-Jones, l’Oréal, Bouygues, Oxford


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