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Trichet : le retour du crétin pendant huit ans


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°183


La vie des Grands fauves n°183


Charlie du 11 décembre 2003

Ben OUI, depuis le 1er novembre, c’est moi qui commande aux destinées de la monnaie en Europe. Au bon moment, je peux vous le dire : croissance zéro, chômage, explosion des déficits budgétaires, euro surévalué par rapport au dollar ! Tout va bien pour la politique du pire.

Donc j’ai soixante ans, je suis ingénieur des Mines, énarque, inspecteur des finances, j’ai été directeur de cabinet de Balladur en 1986. J’ai aidé Messier à fabriquer les noyaux durs, c’est-à-dire sous-évaluer les sociétés nationalisées que venait de renflouer le gouvernement socialiste pour les refiler aux copains du ministre.

Ensuite j’ai été directeur du Trésor entre 1987 et 1993, puis, en 1993, gouverneur de la Banque de France. Et là, je dois dire, j’ai rien vu. Naouri, Piuault, Bolloré, Tapie, Lagardère se sucrer sur le dos du Lyonnais, Haberer jeter l’argent par les fenêtres., je ne sais rien, je rfai rien vu, d’ailleurs je ne sais pas compter.

À Francfort, Siège de la BCE, je vais être le chef. Indépendant de tout pouvoir politique. Je vais pouvoir jouer avec les taux d’intérêt en paix. Et croyez-moi, l’euro fort, vous n’avez pas fini ! Huit ans de galère, les gueux !

On reproche à la BCE de ne pas « booster » l’économie, comme le fait la Fed aux États-Unis. Je réponds : les Américains sont les Américains, leur banque est contrôlée par le Congrès, et nous on emmerde les élus, OK ? Moi, j’ai ma conception de la monnaie. La monnaie, c’est comme le sang d’une économie, il en faut pas trop, sinon, c’est l’apoplexie. Donc, de temps en temps, il faut saigner. Ça affaiblit la bête, ça tue la croissance, ça crée du chômage, mais le malade ne meurt pas. Et s’il meurt, il meurt guéri.

Je suis vraiment nul. Un jour, j’ai déclaré à Ouest-France [1] : « Ah. ce paysage ! Ah ! C’est comme une toile de Dali que l’on n’aurait jamais peinte. » C’est con, pas vrai ? Une autre fois j’ai déclaré à FOG [2] : « Oui, j’aurais mieux fait de lire des manuels d’économie monétaire que Robbe-Grillet. » Car je lis du Robbe-Grillet ! On m’a dit que ça faisait bien. Peut-être qu’on s’est foutu de moi, une fois de plus. Mais je n’ai pas honte. La seule honte de ma vie est d’avoir, jeune crétin, adhéré au PSU. J’en demande pardon. Croyez-moi, je vais me rattrapper de ma précoce vocation « sociale » !

Je me vante d’aimer la poésie. Barre lisait un poème tous les soirs. Pas un bourgeois qui ne soit poète à ses heures ! Voulez-vous que je vous lise un sonnet ? Non ? On me doit cette phrase célèbre ; « La poésie c’est comme la monnaie, inaltérable ! » Ah, ah ! Je sais, c’est idiot. La monnaie ne cesse d’être dévaluée. Mais bon, c’est un << mot », comme on dit dans les salons !

O. B.

Mots-Clés : Trichet, monnaie


[1] Le 4/01/99

[2] Franz-Olivier Giesbert, sur la chaîne Paris-Première


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