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Jean-Jacques Aillagon, grand chef cuisinier de la Culture


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°184



Charlie du 19 novembre 2003

Non, je ne suis pas un cultureux, mais plutôt un apparatchik, un fidèle. Je n’ai jamais été élu, jamais fait l’ENA, mais j’ai toujours vagabondé dans la chiraquie. J’ai donné des cours d’histoire-géo à Égletons et à Tulle, et en 1976 - j’avais trente ans - le Premier ministre de l’époque (Chichi) m’a détaché au ministère de la Culture. Et, comme dit le proverbe administratif, petit à petit le détaché fait son nid ; je traite des bordereaux aux Archives, puis au Musée national d’art moderne du Centre Pompidou de 1982 à 1985. Je siège au conseil national du RPR., et deviens adjoint au directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris. Enfin, je dirige le Centre Pompidou et me voilà ministre.

Donc je suis pour la réconciliation du marché et de la culture. Tous les grands commerçants ont été des amateurs de peinture et de poésie. Regardez Vinci (Dumez-Lyonnaise, Campenon-Bernard, etc. Premier bétonneur mondial, constructeur de routes et d’autoroutes, de parcs de stationnement, etc.). Vinci bétonne le monde, coule du béton, n’aime ni la verdure ni les oiseaux. Eh bien, j’ai donné à Antoine Zacharias, P-DG de Vinci, l’un des P-DG les mieux payés du monde, la médaille de grand mécène du ministère de la Culture, pour l’action de son entreprise en faveur de la Galerie des glaces, qui lui permet d’économiser sur ses impôts 90 % des sommes engagées. Si les riches n’investissent pas dans la culture, qui le fera ? Les pauvres ? Qui a fait Venise ? Les portefaix ou les marchands, hein ? Regardez Pinault et l’île Séguin ! Bientôt, la Fondation Pinault ! Vous préfériez les chaînes, sans doute ?

Bientôt, la publicité pour la presse et la grande distribution à la télé, ainsi que pour l’édition. Très bien. Je suis le seul à avoir défendu le Pacs dans la majorité (avec Boutin), le seul à avoir protesté contre les persécutions des homos en Egypte, par contre, les intermittents à la télé, ah non ! Scandale ! J’ai mis mes oreilles de Peyrefitte et tout de suite convoqué M. Mazerolles, responsable de l’info, et M. Tessier, président de France Télévision. . Je leur ai demandé de me cirer les pompes et de ne plus recommencer. Vous comprenez, la télé, ça appartient aux stars et aux ministres, pas au « lumpen » de la profession artistique.

Ces intermittents sentent le Mai 68 à plein nez. Ils ont un statut révolutionnaire, profondément subversif, qui pourrait dangereusement se généraliser : ils sont payés pendant qu’ils cherchent un travail ! On travaille et on est payé, ou on ne travaille pas et on n’est pas payé. C’est Seillière qui m’a expliqué ça. Un grand ami de la poésie qui est capable de réciter in extenso le Corbeau et le renard.

0.B.

Mots-Clés : Jean-Jacques Aillagon, Ministre, Culture, artistes, intermittents du spectacle, Chirac, Vinci


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