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Bill et John affairistes en chef


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°145



Charlie du 31 décembre 2002

Moi, à droite, c’est William Donaldson.

À Yale, j’étais étudiant avec Jonathan Bush (l’oncle du crétin). À part ça, j’ai bossé avec Kissinger pour Nixon.

Je succède à ce bon Harvey Pitt à la tête de la SEC (Security Exchange Commission). Harvey avait tout fait pour limiter le pouvoir de contrôle de l’État fédéral sur les affaires. Normal, il en venait, des affaires ! Il était avocat chez KPGM, un cabinet d’audit aussi vérolé qu’Arthur Andersen. Il magouillait avec Enron et a tout fait pour empêcher le vote de la loi Sarbanes-Oxley, introduisant de la rigueur et de la transparence en Bourse. Il a nommé le nullard douteux, pardon, le " très contesté " William Webster à la tête du Public Company Accounting Oversight Board, la toute nouvelle agence chargée de donner de la crédibilité aux rapports financiers... Bref, je ne peux pas faire pire.

Je la connais la Bourse. J’ai été patron du NYSE (New York Stock Exchange) entre 1990 et 1995. Comment voulez-vous qu’une Bourse fonctionne sans initiés ? Si tout le monde savait comme tout le monde, qui gagnerait du fric ? Je vous le demande ! À part ça, j’ai pas trop de casseroles au cul. J’ai créé ma boite et quitté Wall Street juste avant l’éclatement de la bulle. Un coup de bol.

Moi, c’est John Snow, le bon républicain, secrétaire au Trésor. J’ai servi Gerald Ford le footballeur ! Longtemps, je fus P-DG d’une autre boîte dans les chemins de fer, un secteur totalement protégé. C’est vrai, j’ai encaissé 25 millions de dollars en cash depuis 1999, tandis que les actions de ma boîte tombaient de 45 % [1] ! Les affaires ! Mais je suis un homme de morale. Or l’impôt est immoral. J’ai participé ardemment à la commission de réduction des impôts en 1995. J’ai mené une campagne au profit de Business Roundtable, un puissant lobby et milite contre le déficit budgétaire.

Donaldson et moi (faudrait ajouter Stephen Friedman, vice-président de la banque Goldman Sachs, totalement vérolée par le scandale Enron, qui remplace à la tête du Natial Economic Council cet incapable de Larry Linsey, plombé lui aussi chez Enron) sommes là pour permettre à Bush de gagner les élections. La guerre à l’Irak ne suffira pas. Il faut gagner aussi la guerre économique. Notre méthode est simple : diminuer l’impôt et supprimer le déficit. Mais comment supprimer le déficit quand vous faites exploser les dépenses militaires et que vous réduisez l’impôt ? En empruntant, pardi ! Tant que ces idiots de japonais placent chez nous, on est tranquilles. Le jour où ils ne placeront plus, on fera marcher la planche à billets ! Et le jour où la planche tombera en panne, on vous balancera la sauce ! Yeah !

O.B.

Mots-clés : William Donaldson, John Snow, Yale, Enron, Bourse, Wall Street


[1] Busness Week, 23/12


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