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Don Escriva de Balaguer, plus saint que moi, tu ressucites


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°134



Charlie du 9 octobre 2002

C’est moi, José Maria Escriva, né à Barbastro, en Aragon

(ah, ces connards d’anarchistes avinés et puants du Front d’Aragon !), ordonné et ensoutané à Saragosse, anobli (par Franco), béatifié, adoré, payé, et qui accède enfin à la sainteté. Car j’ai fait des miracles, amen. D’abord, le miracle d’être sanctifié vingt-sept ans à peine après ma mort - regardez votre pucelle d’Orléans, brûlée en 1431 et canonisée en 1920 ! Elle en mis, du temps, la garce ! Je remercie le bienheureux père Wojtyla, que j’avais bien connu du temps de l’Opus Dei, ma société anonyme, c’est le cas de le dire, finançait le syndicat Solidarnosc.

Donc, le 2 octobre 1928 - un an avant la crise de 1929 ! -, j’ai fondé par inspiration divine l’Opus Dei. Le 14 février 1930 au matin, passant ma soutane, j’ai compris, avec la grâce de Dieu, que l’Opus Dei devait réaliser un apostolat parmi les femmes.

J’ai toujours eu une réputation de vaniteux, de prétentieux, de sectaire. Racontars communistes, évidemment. J’aime pas les communistes. Je les ai vus à l’oeuvre dans notre sainte Espagne, pillant, violent, fumant des cigarettes, et même se grattant le nez ! La victoire de Franco fut celle du Bien sur le Mal (déjà !). J’ai dit que Hitler aussi fut un grand rempart contre les communistes, je le redis. Quand Franco a décidé de nommer roi ce salopard de social-démocrate de gauche de Juan Carlos, en 1969, l’Opus avait douze ministres sur dix-neuf ! Hélas, Franco mourut, le Mal se répandit, le chinchon se généralisa, les socialistes prirent le pouvoir, Karl Marx apparut dans les librairies et Madrid retomba aux mains des brigades internationales.

Grâce à Dieu, j’avais fait des miracles. D’abord, j’avais transformé quelques républicains en chorizo, avec l’aide de Curro, puis j’avais relooké les maures en combattants du Christ en leur mettant un scapulaire sur la poitrine, après quoi j’ai multiplié les banques, les fondations et l’argent secret pour lutter contre le diable - miracles constatés par l’Université de Navarre, contrôlée par l’Opus Dei -, car Jésus n’était pas très sérieux en changeant l’eau en vin : il aurait pu en faire du blé ou du pétrole. Fort de ces miracles, Raymond Barre, dont je guidais les pas essoufflés, se présenta devant Jean-Paul II et me béatifia. Et, aujourd’hui, me voilà saint. Vous pouvez m’invoquer pour tout ce qui touche aux exonérations d’impôts et aux prêts bancaires. Je guéris aussi les torticolis. Et les hernies. Et la maladie de Parkinson, bref, toutes les maladies franquistes. Et comme on dit chez nous, viva la muerte !

O.B.

MOTS CLE : Don Escriva de Balaguer, Opus Dei, Solidarnosc, Espagne, Catholique


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