Accueil Brèves Plan du site Contact


la base Oncle Bernard

 
Le sans-papiers chinois



LA VIE DES GRANDS FAUVES

Dominique de Villepin a dû lire avec beaucoup d’intérêt le rapport de l’OIT (Organisation internationale du travail) sur les immigrants chinois en France [1], dont les conclusions ont été présentées à la presse mardi 21 juin. Il ressort de l’enquête que ces clandestins, au nombre de 50 000, sont contraints de travailler dans des conditions abominables et pour des salaires de misère, voire gratuitement, véritables esclaves économiques. Des révélations qui confirment le calcul du Premier ministre : moins il y a de droit du travail, plus les salariés sont dociles et soumis. C’est cruel, mais c’est le prix à payer pour que la France soit plus compétitive ! Citoyens français, prenez exemple sur votre camarade, le sans-papiers chinois.

Il a le sens de la valeur « travail ».
Cet employé modèle se donne sans compter. « Presque tous les travailleurs immigrants chinois sont très fortement endettés, donc obligés de travailler sept jours sur sept, dix-huit heures par jour », affirme Roger Plant, chef du programme spécial de l’OIT de lutte contre le travail forcé. Leur sens de l’effort va loin : contrairement à ces paresseux de Français, ils n’hésitent pas à mettre leur vie en danger et travaillent parfois jusqu’à tomber dans le coma.

Il est polyvalent. Le clandestin chinois est doté de toutes les qualités dont rêve un employeur : mobile, dynamique, motivé, polyvalent. Il peut faire la plonge, la couture, la cuisine, aller chercher vos enfants à l’école, passer la serpillière, tout cela dans la même journée. Le soir, les femmes peuvent se prostituer.

Il est cool. L’énorme dette (de 13 000 à 22 000 euros en moyenne) qu’il a contractée pour faire le voyage jusqu’en France - au péril de sa vie - fait de cet employé un individu très attaché à la conservation de son emploi et prêt à toutes sortes de sacrifices. Son statut de clandestin l’empêche d’être syndiqué, il n’ira jamais aux prud’hommes, ni à l’inspection du travail, ni au commissariat, car il risquerait d’être expulsé.

Il est heureux et bien dans sa peau. « Je suis dans un restaurant pour faire la vaisselle. J’y travaille douze heures par jour et six jours par semaine et mon salaire est de300 euros par mois. Je mange et dors dans le restaurant. C’est comme une peine de mort pour moi. Mes mains sont complètement abîmées. J’ai encore 9 000 euros de dettes à rembourser. » Témoignage de M. Guo, récemment arrivé à Paris (rapport de l’OIT, p. 79).

Il rapporte beaucoup d’argent. Le rapport qualité/prix d’un sans-papiers chinois défie toute concurrence. Cet individu n’a pas d’exigences salariales démesurées : quelques centaines d’euros par mois suffisent à ses besoins. Certains travaillent même gratuitement, en échange d’un logement (un matelas dans un cagibi fait l’affaire). Débrouillards, ils se nourrissent à la soupe populaire ou en allant acheter les légumes pourris à la fin des marchés.

EMMANUELLE VEIL

Mots-clés : OIT, Chine, travail, Chinois, sans papiers


[1] « Le trafic et l’exploitation des immigrants chinois en France », Gao Yun et V. Poisson. Genève, Bureau international du travail, 2005. www.ilo.org/publns


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 

 
  La vie des fauvettes La vie des grands fauves
      2000
      2001
      2002
      2003
      2004
      2005
      2006
      2007


      Contact

[ Plan du site ] [ Haut ]
 

 
Dans la même rubrique

Autres articles :
Gérard Larcher, ministre délégué aux Relations du travail : taïaut, taïaut l’emploi !
Michel Camdessus, idole des pauvres et des opprimés
Ernest-Antoine Seillière passe a l’Europe
John Roberts, autorité morale des États-Unis pour un demi-siècle
Franck Louvrier, communicant musclé de Sarkozy
Vincent Bolloré, flibustier végétarien.
Dominique de Villepin de la Mancha, moulin à paroles
Hu Jintao, président de « China, Blood and Capitalism Corp »
René Carron, P-DG du lisier
Frank Riboud, petit yaourt dans le grand fromage



[ Haut ]
 

Accueil Brèves Plan du site Contact


Vous pouvez afficher les news sur votre site.
Copyright © la base Oncle Bernard 2002

Site développé avec SPIP, un programme Open Source écrit en PHP sous licence GNU/GPL.

Design © Drop Zone City