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Poupou, viré par Bollore



LA VIE DES GRANDS FAUVES

Eh oui, j’étais Alain de Pouzilhac, le patron du groupe de publicité Havas depuis 1989, sixième groupe mondial, et Vincent Bolloré, Bolloré l’Africain, le flibustier, le sauvageon, le Breton aux yeux doux dans un visage d’ange et au cœur de pierre, m’a tuer... Je reste administrateur jusqu’en 2006. Certes, on va me verser 10 millions d’euros au titre d’une clause de non-concurrence de trois ans... Pendant trois ans, je ne pourrai pas faire de concurrence à Bollo. J’ai le droit de garder quelques clients dont je m’occupais en direct, peut-être Folz, le patron de Peugeot, mais ce jeudi 11 juin, deux jours après mes soixante ans, la messe fut dite. Et là, quand je vois la tête de nœud de Séguéla surgir au comité consultatif aux côtés du patron intérimaire... J’en pleurerais. Havas, ma maison chérie, où je suis entré en 1976, dont j’ai gravi patiemment les marches...

C’était le 21 juillet 2004. Il faisait chaud. Bolloré m’appelle : « Alain ? Je rentre dans le capital d’Havas, je passe les 2 %, mais à titre amical, t’inquiète. » On croit l’avoir d’un centimètre, et on l’a déjà d’un kilomètre ! Un an plus tard, « l’ami » possède 20 % d’Havas, en est le premier actionnaire, et convoque une assemblée générale.
Jeudi 11 juin 2005, jour du drame. À la table des chefs, il y a le petit Amir Jahanchachi, représentant du fonds d’investissement Sébastian Holding, qui possède plus de 4 % des actions. Nous échangeons des sourires. Tout est encore possible. Séguéla m’a présenté Amir. Avec son appui, je vais mettre en déroute Bolloré, re-millodiou-de-millodiou ! Foi de Gascon ! On vote. L’enculé Amir vote avec Bolloré ! Salaud ! Bolloré l’a retourné moins d’une heure auparavant ! « Casse-toi ou je te pète la gueule ! [1]. », je hurle. Bolloré me demande de démis­sionner. Quoi ? Jamais ! Je refuse. À moi les mousquetaires ! À moi la garde ! La pub rend con, mais ne se rend pas !

Merci, Laurence Parisot, de m’avoir soutenu. Merci, Fouks, fils si peu spirituel de Séguéla, de m’avoir prêté main-forte (t’aurais pas dû, tu portes la poisse). Merci, Séguéla, pauvre minable, de m’avoir présenté le traître Amir Jahanchachi, qui m’a poignardé dans le dos. Merci d’avoir dit en pleine assemblée : «  On ne change pas une équipe qui gagne, même si dans le passé elle a perdu toutes les batailles [2] ! » C’est beau. C’est du Séguéla. Je laisse 15 000 salariés dans 75 pays. Adieu, Peugeot, adieu, Danone. Adieu, yaourts, diesel et bifidus actif. Adieu, les marchands de saloperies. La vie commence après la pub.

O.B.

Mots-clés : Alain de Pouzilhac, Publicité, Havas, Bolloré


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