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Christine Lagarde,


MINISTRE DU DÉFICIT EXTÉRIEUR



LA VIE DES GRANDS FAUVES

Charlie du 3 aout 2005

Ne vous y trompez pas : je suis une femme modeste, jeune, belle et particulièrement intelligente. La preuve : j’ai fait ma carrière aux États-Unis, pour devenir Tune des avocates d’affaires les plus influentes du cabinet Baker & McKenzie, à Chicago. J’ai fait Sciences-Po comme tout le monde, puis une maîtrise de droit à Paris-X Nanterre. Ah ! Nanterre ! les enragés ! le Mouvement du 22 mars ! Cohn-Bendit qui voulait avoir accès au dortoir des filles ! Reisel qui crachait à la gueule du doyen Ricceur... Tout ça, je m’en contrefous parce que j’avais dix ans à l’époque - comprenez : les cocos et autres éleveurs de chèvres.

Bon. Revenons aux choses sérieuses. En 1999, je devins la patronne de Baker & McKenzie. J’y coulais des jours paisibles entre restructurations, délocalisations et montages compliqués pour échapper au fisc, quand tout à coup... Breton. Oui, le frisé. « Christine, me dit-il, que penses-tu du Code du travail ? » « Beaucoup trop lourd. Trop de pages, beaucoup trop d’articles. Et trop d’alinéas dans les articles. » « C’est bien ce qu’il me semble. Le problême du capitaliste, c’est l’ouvrier. Il peut s’en passer sur sa plage privée, mais pas dans son usine pour fabriquer les objets qu’il doit lui faire bouffer. Que faire ? » « Du commerce. De l’intermédiation. Acheter aux uns pour vendre aux autres avec une simple ligne téléphonique. Plus d’ouvriers, plus de sueur, plus de mioches la morve au nez, plus d’embouteillages sur le périph’ ! » « Bon Dieu ! Mais c’est bien sûr ! Plus d’industrie ! Que du commerce ! » Thierry parle de moi à Chirac. Chirac parle à Rufenacht (Antoine, son directeur de campagne, un Normand comme moi), et me voilà ministre du Commerce extérieur.

C’est terriblement exaltant. Merveilleux de se sentir dans une équipe à bout de souffle, menée par un vieillard K.O. debout, ne sachant où il va, ne comprenant plus les fiches qu’on lui prépare, achevant de faire couler le, pays qui lui avait fait confiance. Un peu le sentiment Titanic, si vous voulez : l’échec et l’oubli sont là, tout près - l’oubli surtout, froid comme l’eau noire- et glacée qui remplit à ras bords les quand tout poubelles de l’histoire. Quel bonheur- d’entendre le rusé Copé se bercer de phrases incohérentes, le sournois Perben justifier sa honteuse politique des pages. Dans les transports, quel bonheur de voir des fantômes faire semblant d’exister ! Je - ne sais même pas à quoi sert mon ministère. Ah oui, à cirer les pompes aux Chinois pour leur vendre du made in France. À moi Arnault ! J’arrive ! Dior, Guerlain ! Vive le commerce !

O.B.

Mots-clés : Christine Lagarde, Sciences-Po, Droit, Justice, Ministre Commerce


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