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Éric Besson, l’homme qui fait pâlir Ganelon


LA VIE DES GRANDS FAUVES



Charlie Hebdo du 1er janvier 2007

« Charlemagne, empereur à la barbe fleurie, Revient d’Espagne ; il a le coeur triste, il s’écrie :
- Roncevaux ! Roncevaux !
Ô traître Ganelon !
Car son neveu Roland est mort dans ce vallon
Ô traître Éric Besson, po po po le méchant,
Qu’a voulu torpiller la belle au bois dormant. »

Hé, hé, c’est de moi. Je suis un poète. Depuis que je suis libéré du Parti socialiste, avec lequel j’ai fricoté une vingtaine d’années, je me sens gai comme un pinson. Soulagé, vous voyez ? Un peu comme le mec qui met la lettre de dénonciation dans la boîte : au début, ça colle un peu aux doigts, ça pèse, ce petit bout de papelard, on a un peu honte, et puis non, finalement, on se sent léger, léger... Par exemple, moi je vais aux meetings de Sarko, où l’on déverse des tombereaux d’ordures sur mes anciens copains. Même pas besoin de me pincer le nez. On crache, on glaviotte sur mes ex-camarades, on hurle des insanités sur les socialistes et le programme que j’ai patiemment concocté pendant des années : même pas mal. Pas besoin de parapluie ni de coton dans les oreilles. Comme je suis fier de plastronner dans Match !
Comme je suis heureux ! Vous avez vu la photo dans Match ? Bon, je fais pas la couv’ comme Loana ou Johnny, mais j’ai ma photo dans Match, merde ! C’est de la promo, non ? Je suis une star ! La photo dans Match ! Avec ma famille ! J’arrête pas de la regarder, ma photo dans Match... Je l’ai pliée en quatre et fourrée dans mon calbut, et je la déplie pour la contempler.
J’ai même fait mon autocritique. Comme un communiste. Mon autocritique devant un parterre d’UMP. À Dijon, j’ai dit : « Oui, j’ai critiqué Sarko, c’est dégueulasse. Oui, j’ai bavé sur lui, je me repens. » Quelques-uns avaient des haut-le-coeur, sans doute des marxistes infiltrés, mais la plupart m’applaudissaient ! « Ganelon ! Ganelon ! » scandaient-ils. Ah, comme je les comprends, tous ces grands traîtres... Ganelon, L..., P..., Siqueiros, tous les mecs qui plantèrent des couteaux dans les dos pour la bonne cause, qui vendirent copains et camarades au nom de l’honneur, de la fidélité et des principes, car « mon ralliement n’est pas un reniement » (Europe I, poil aux dents !). En février dernier, j’ai pondu un rapport venimeux contre Sarko, mais ça s’est très mal vendu. Tandis que mon brûlot contre Ségolène... Cent soixante mille exemplaires ! Ils sont contents chez Grasset. Ils détournent la tête en me serrant la main, mais ils palpent. Je me souviens, tous ces beaux discours socialos que je faisais comme maire de Donzère, cette fraternité sociale un peu dégoûtante avec tous ces pue-des-pieds, ces pauvres types qui trinquaient avec moi et votaient pour moi. Cette racaille socialiste. À Neuilly, on se sent mieux. Ça me rappelle le bon temps de Messier l’escroc, quand je dirigeais la Fondation Vivendi. Et puis, après tout, j’ai traité Sarko de « néo-con à passeport français », il a avalé, c’est lui la girouette, c’est pas moi !

O.B.

Mots clés : Éric Besson, Vivendi, PS, UMP


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