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James Tobin, l’idole malgré lui


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°87



Charlie du 3 octobre 2001

Arrêtez avec cette taxe Tobin, les gars...

j’ai quatre-vingt-trois ans. Je suis né dans l’Illinois, et j’ai enseigné à Yale pendant trente-huit ans ! Je suis paisible. Je vis paisiblement à New Haven. J’ai été le conseiller de John Kennedy en 1961-1962, c’est si loin... Certes, j’ai toujours gueuler contre le politique de Reagan. Reagan est une catastrophe historique pour tous les keynésiens, dont je m’honore de faire partie. Un antiétatiste primaire. Je me souviens, j’avais écrit un petit bouquin - Oh ! il y a bien longtemps, dans les années 1970 ! - intitulé Effiency, Equality and the Ownership of Property. Je réfléchissais sur l’inégalité des hommes. Et si trop d’inégalité tuait la démocratie ? Non ! Coupez ! Oubliez ce que je viens de vous dire !

J’ai eu le prix Nobel en 1981. Quand on dit le prix Nobel, on ment un petit peu : c’est un prix donné par la Banque de Suède en souvenir d’Alphred Nobel. Le prix suprême octroyé par le capitalisme. Mais comme l’Académie royale des sciences le remet, l’honneur est sauf.

Oui, tous ces excités d’ATTAC, tous ces barbus chevelus, écolos, babas et défenseurs des droits de l’Homme... Que de souvenirs ! Ca me rappelle la beat génération. Je ne veux pas qu’on m’assimile à tous ces brûleurs de McDo et arracheurs de plants transgéniques... On commence par arracher un peu maïs, et on fini avec un Boeing dans une tour - je plaisante.

Donc, en 1972, quand Bretton Woods a fini de voler en éclats, j’ai proposé une taxe sur les mouvements de capitaux pour limiter la spéculation... " Un peu de sable dans les rouages de la machine spéculative ". Pas plus. La liberté des capitaux est une bonne chose pour les pauvres. Le commerce aussi. Il y a moins de pauvres aujourd’hui sur Terre que du temps de Cro-Magnon.

Robert Mundell (Prix Nobel d’économie 1989) a dit que ma taxe était une connerie. Je l’emmerde. Il a travaillé sur les " zones monaitaires optimales ". Moi aussi. Avant lui. Il m’a pompé. Fuck you Bob.

Je suis un libéral modéré. Je pense que le FMI, Banque mondiale, l’OMC sont de bonnes choses. Je pense même que le FMI devrait avoir des pouvoirs renforcés. Certes, il faut éviter de le faire diriger par un pitre ou un pompier pyromane comme Camdessus.

Je révère Keynes, comme tous les vrais économistes, mais je n’ai pas toujours été d’accord avec lui. Dans son coeur, c’était un révolutionnaire, un écolo, un anarchiste, même si c’est un grand bourgeois qui a fait Bretton Woods pour tuer la spéculation. Je me demande même s’ils n’étaient pas contre la croissance ! Sacré Maynard ! Il aimait trop les femmes, les hommes et le champagne pour aimer le capitalisme.

O.B.

MOTS CLES : James Tobin, kénésianisme, prix Nobel, Yale


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