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Christophe Lambert, président de Publicis,


LA VIE DES GRANDS FAUVES



Charlie du 2 novembre 2005

Christophe Lambert, président de Publicis,
conseiller amical et gracieux de Nicolas Sarkozy

Oui, les élucubralions de ce modeste secrétaire de cellule de l’UMP, je veux dire ce Frank Louvrier, modeste garde du corps (voir Charlie n° 696), ne doivent pas prêter à confusion  : c’est moi, moi-même, qui conseille le ministre de l’Intérieur. Un jour, nous dînions chez Sarko avec Cécilia, Frank l’obscur, Estrosi, Hortefeux et Attias. Richard Attias. À l’époque, il dirigeait sous ma douce houlette Publicis Events et les cérémonies d’intronisation de Nicolas à l’UMP. Il avait un regard oblique. Un peu gêné. Je me disais : « À quoi peut-il bien songer ? » Puis nous avons revu ce film toujours frais. La Société du spectacle, de Guy Debord, en parlant de la pub et de ses stars qui sont passées dans la littérature, comme Beigbeder. Moi-même j’ai modestement écrit La Société de la peur [1], que Plon a vendu à plus de 70 000 exemplaires, après une campagne initiée par Le Point et Baverez le pur. Ah, la pureté de la pub !

Le temps a passé. Les amis d’autrefois sont devenus les cocus d’aujourd’hui. Attias, qui faisait les dépliants publicitaires, fait les «  couvs  » de VSD, et nous, publicitaires, contemplons avec mépris ce monde qui nous a faits rois et faiseurs de rois. Heureux mais tragique monde, où les insignifiants en font le sens ! Le
courage ? Nous n’en avons pas. Le talent ? Un peu. Pas tant que ça. Le cynisme ? À revendre. Le mépris  ? Autant que de l’argent. Nous vendons « la vraie vie » aux crétins poussant leurs chariots chez Auchan et des «  voitures à vivre » aux pauvres types dans leurs embouteillages.

Le « talon de fer du marché » : Debord l’a écrit, et il avait tellement raison ! La pub est une souffrance de tous les jours et porte un ordre moral pire que la castration sanglante des cathos. C’est pourquoi j’aime le sang, les corridas (je possède un élevage de taureaux de combat et ma douce est torera), j’en appelle au fouet sur les foules, au travail sans fin, je hais les 35 heures, et j’écris que «  la France a besoin de rectitude et attend l’homme qui sera un chef moral  ». Que des immoralistes la saignent et la prennent à la gorge, que des mafieux lui parlent de droit, des fascistes de liberté, des publicitaires de bonheur, et des hommes sans loi de foi et de politique ! La peur me fait jouir. Celle du torero. Celle des foules, qui ne méritent que leur destin de populaces : le massacre dans les arènes de Badajoz, la catastrophe en Louisiane, le meeting avec ses hurlements, ou la piqûre anesthésiante de la pub du matin au soir.


O.B.


Mots clés : Christophe Lambert, UMP, Sarkozy, Publicis Events, Le Point, publicité, publicitaire


[1] 1. Voir l’article de Thoret p. 12-13.


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