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Denis Gautier-Sauvagnac, vice-président de l’Unedic et ami du prolétaire


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°216




Charlie du 22 septembre 2004

Il est temps que je revienne sur le devant de la scène [1]. Toutes ces histoires de patrons qui délocalisent ou qui font travailler plus leurs salariés en les payant moins, au nom de la liberté du travail, me ravissent. J’ai hâte de mettre mon grain de sel sur les plaies de ces malheureux.

  Donc, je suis Denis Gautier-Sauvagnac, énarque de la promo Marcel-Proust, qui aurais tant aimé prendre le thé avec Oriane... Ah... Nous, les bourgeois, nous aimons tellement la noblesse, que nous avons ruinée grâce à la Révolution... Mon épouse est une Fauchon de Villeplée, ma mère une de Vaureix, et la particule restera toujours au-dessus du nom composé, hélas...

Donc, après l’ENA, le cabinet d’Ortoli, puis celui de François Guillaume le bouseux, ministre de l’Agriculture et président de la FNSEA (ou l’inverse), chef pollueur abreuvé à la subvention, et puis je deviens directeur de l’Union laitière normande. Quelques yaourts plus tard, me voilà, en 1991, P-DG de la banque d’affaires Kleinworth Benson France. Ne cherchez pas, les gueux, ce genre d’officine, très british, riest pas pour vous. Là, en voyant bosser les femmes de ménage, j’ai compris ce qu’était le social. Du moins, comment il faut traiter le social. J’en étais là de mes rêveries prolétariennes, quand soudain je devins président de l’Union des industries métallurgiques et minières ! Le choc !

  Germinal remonte en moi en bouffées de poussière et de grisou... Les maîtres de forges... Les Wendel, dont est issu par la cuisse maternelle mon aimable compère Seillière. .. Les piquets de grève brisés par la troupe, que l’on contemple, une tasse de thé au bout de des doigts...

Une bonne chose n ’allant jamais seule
, Voilà-t-y pas que je deviens vice -président de l’Unedic pour le Medef ! Négociateur des indemnités chômage, rien ne pouvait aller mieux à un fondé de pouvoir de Banque d’affaires. Je me suis particulièrement illustré sur la renégociation des indemnités aberrantes versées

à ces minables de la culture appelés « intermitents du spectacle », ces cracheurs de feu cracras, j’ai réussi à réduire avec délicatesse la durée d’indemnisation des chômeurs, et là, j’espère bien deux ou trois petits orgasmes de fauvette en luttant contre cette effaire lamentable des 35 heures. Réduire le temps de travail ! Les ouvriers savent-ils, ces buveurs paresseux, que l’on travaillait 150 000 heures au début du siècle ? Que l’on s’arrêtait de travailler pour mourir ? Fainéants ! Trente-cinq heures ! Et pourquoi pas trente ! Heureusement que le Chinois et le Tchèque sont là ! Un milliard et demi de Chinois. L’aubaine de l’armée de réserve. Mais oui, je suis un peu marxiste...

O.B.

Mots-clé : Denis Gautier-Sauvagnac, UNEDIC, ENA, medef


[1] Voir Charité, Fauves n° 1 48


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