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Jean-François Hénin, le Mozart de la finance


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°219





Charlie du 13 octobre 2004

Mozart, Mozart... N’exagérons rien. Mozart a commencé à pianoter à cing ans, moi je n’ai vraiment magouillé qu’à partir de vingt-cinq, juste après avoir rencontré Paquerette dans les prés. Ma femme. Trente-quatre ans de mariage, pas mal, non ? Faut dire que j’ai

été élevé à la dure chez les curés : neuf ans pensionnaire au Sacré Coeur de Moulins ! Une sortie par mois, eau froide, nu sous la douche. Je suis catho et fier de l’être. Service militaire ches les paras, et à moi la finance ! Bull, General Electric, Pechiney et Altus. Ah, Altus-Finance, ex-Thomson-CSF-Finance, « le plus grand scandale bancaire du siècle », oui, Altus, 1983, c’est moi. C’est nous, Alain Gomez, Alain Minc et ma pomme. Et Dieu, Accrochez-vous.

À l’automne 1983 Thomson est sur un gros contrat de missiles antiaériens Crotale pour l’Arabie Saoudite. Je fais le pari suivant : le dollar va monter. Or ces bougnoules vont me payer en dollars... Donc je libelle leur contrat en dollars, sachant que quand ils me paieront je changerai au plus haut leurs dollars en francs, voyez ? Je gagne 30 % sur l’affaire. Gomez, le trotskatd est content « Hénin, inch Allah, tu as la baraka, continue.  » Entre 1983 et 1989, je fais gagner 15 milliards net à Thomson. En octobre 1987 je vais à Lourdes, et une voix me souffle : « Le Matif va se casser la gueule. » Je vends, je gagne. Thomson-CSF devient Altus.

  Après quelques petites affaires (Pechiney-Triangle, Société générale..., je rencontre Haberer, le patron du Lyonnais, qui me dit : « Tout ce que le Lyonnais ne peut faire, Altus le fait, Hénin ! Alléluia ! » «  Alléluia ! » Je claque les talons, et en avant les affaires avec le Crédit Lyonnais, sur lesquelles je ne m’étendrai pas, 


Et puis c’est l’affaire Executive Life. C’est moi qui ai découvert la caverne d’Ali Baba, la valeur réelle des « junk-bonds » (portefeuille d’actions et d’obligations à valeur douteuse — Ndlr) que possédait Executive Life, l’assureur californien. Là, j’ai dû faire gagner une dizaine de milliards de francs au Lyonnais, qui ont été empochés par Pinault. Bon : me voilà poursuivi par les ricains, c’est normal, je suis un bouc émissaire, je prends sur moi les péchés d’autrui, amen.

  Et je vous le dis, en vérité : la doctrine du franc fort, chère à cet intégriste foireux de Carndessus et à cet inquisiteur glacé de Trichet, est un scandale religieux : le taux d’intérêt, le prix du temps, doit être faible, car

« le temps ri’appartient qu’à Dieu » (saint Thomas). Avec des taux d’intérêt élevés, «  le rentier s’enrichit sans prise de risque... À10 %, il double son capital avec ses héritiers en sept ans, le quadruple en quatorze ans ; en cinquante ans, soit deux générations, lui et ses héritiers accroissent leur

épargne initiale de 117 fois, en ayant simplement dormi sur leurs emprunts d’Etat [1]
 ».
Mort au rentier ! Vive Keynes, qui prêchait son «  euthanasie »  !  i

O.B.

Mots-clé : Executive Life, Jean-François Hénin, Bull, General Electric, Pechiney, Altus Finance, Alain Gomez, Alain Minc, Thomson, armement, Pinault
, Crédit Lyonnais


[1] Interview au Nouvel Économiste, 10/06/04, p. 34.


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