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Bébéar, le chasseur dégoulinant de sang


LA VIE DES GRANDS FAUVES N°5


Charlie du 2 février 2000


Le patron Bébéar tue des éléphants.

Faraud, il pose le pied sur le crâne des monstres. Il tue des buffles, des léopards (une peau de léopard lui permet d’appuyer son cou douillet à son fauteuil de P-DG), et rêve de massacrer des ours [1]. C’est pourquoi il est ravi du réchauffement de la planète : il pourra bientôt tirer les ours polaires depuis son appart parisien. Tous les matins, il boit un bol de sang et consomme le coeur d’une biche fraîchement égorgée. A ses deux charmantes petites filles coréennes adoptées il montre les pelages de ses victimes - il aime voir peler les cadavres. Elles battent de leurs petites mains.

Bébéar pose pour Le Monde entre deux défenses d’éléphant. La journaliste écrit : " c’est un carnassier, un tueur, un ogre. " Le soir, après avoir mangé de la chair fraîche, il nettoie ses dents avec un cure-dents en ivoire de rhinocéros.

Bébéar est riche. Sa fortune est estimée à 1,6 milliards de francs.

Bébéar aime les sportifs. Il préside le Comité pour la candidature olympique de Paris et espère faire homologuer comme discipline olympique le massacre d’éléphants à plus de vingt mètres depuis une automitrailleuse. Ses copains sont les rugbymen Jean-Pierre Rives, Serge Blanco et Jean-Pierre Bastiat. Bébéar est un peu émotif. Axa, le nom de son entreprise, a été choisi par ordinateur.

Bébéar est malin. Apôtre du libéralisme, il a profité tout au long de sa carrière de son statut mutualiste, qui rendait Axa inopérable. Un peu comme le Crédit agricole, qui bouffe sans se faire bouffer.

Mais Bébéar est un grand chef d’entreprise. Il dit que " la politique est démagogique ". Son grand ami, le gâteux Giscard, vulcanophile et tueur de bestioles, entre deux tremblements des mains, approuve.

Avec le curé intégriste Didier Pineau-Valencienne, il a créé le groupe " Entreprise et Cité ". Le monarchiste catho Sahut d’Izarn l’a recruté aux Mutuelles d’Elboeuf à sa sortie de l’X et d’une crise de communisme juvénile. Mais Bébéar, bien que faisant des conférences à l’Opus Dei, n’est pas de l’Opus Dei, et, d’après Le Monde, n’est pas non plus de la franc-maçonnerie, aucun de ces deux organismes n’ayant vocation à traquer, liquider, saigner, écorner, dépiauté, tailler et équeuter les animaux.

Il prend sa retraite et laisse la place au libre-penseur Henri de Castries, énarque de la promotion Voltaire. Bébéar, ce serait plutôt la promotion Nosferatu.

O.B.

MOTS CLES : Bébéar, Polytechnique, Opus Dei, Axa


[1] Le Monde, 20/01/2000


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